Habit de médecin de la peste 1721 pendant la grande peste de Marseille –

Xylographie sur papier vergé.

Affichette annonçant « Mr CHICOYNEAU CHANCELLIER DE LUNIVERCITÉ DE MONSPELLIER ENVOYÉ PAR LE ROY À MARSCELLE EN HABIT APPELLE CONTRE LA MORT. IL EST DE MAROQUIN DE LEVANT AVEC UN MASQUE DONT LES YEUX SONT DE CRISTAL ET LE NAIS REMPLY DE PARFEUMS. IL TIENT UNE BAGUETTE À LA MAIN POUR MONTRER LES DIVERCES OPERATIONS QU’IL INDIQUE DE FAIRE SUR LES CORPS. SE VAND A LA PORTE DE LA SONNERIE DE MONSPELLIER 1721. »

Début du XVIIIe siècle

H : 25 – L : 18 cm


On les appelait médecins « becs »

Les médecins de la peste sont des fonctionnaires engagés et payés par les villages ou les villes, pour soigner les pestiférés, enterrer les morts et, parfois, pratiquer des autopsies, Ils sont également chargés de comptabiliser le nombre de victimes et de consigner les dernières volontés de leurs patients.

Le port du masque bec ressemblant à une tête de corbeau remonte au XIVe siècle, les médecins de cette époque le portent sans vêtements  spécifiques.

Il faut attendre 1619, pour que Charles Delorme, médecin de Louis XIII, invente un « uniforme protecteur » recouvrant le corps tout entier pour se prémunir de l’épidémie de peste qui sévit alors à Paris.

L’abbé Michel de Saint-Martin écrit : Il se fit faire un habit de maroquin, que le mauvais air pénètre très difficilement : il mit en sa bouche de l’ail et de la rue ; il se mit de l’encens dans le nez et dans les oreilles, couvrit ses yeux de bésicles, et en cet équipage assista les malades, et il en guérit presque autant qu’il donna de remèdes. 

Le port du masque bec, rempli de susbstances aromatiques aux vertus désinfectantes, permet de supporter l’odeur de la mort dont la puanteur est considérée comme la cause du mal. De même, on brûle des herbes aromatiques dans les rues pour lutter contre l’air vicié qui, croit-on, propage les miasmes.

La tunique en peau, le manteau, les gants, le masque bec, les bottines et le chapeau en cuir sont également imprégnés de parfums aromatiques censées protéger contre la corruption de l’air.

Charles Delorme découvre, sans le savoir et de façon empirique, un moyen de se prémunir de la maladie. Les différentes pièces qui composent son costume, toutes en cuir et parfaitement ajustés les unes aux autres, constituent une cuirasse impénétrable pour les puces. Ce mode de transmission est inconnu à l’époque, on ignore qu’il faut se défendre des puces et que la puce du rat est le principal vecteur de la maladie.

La baguette en bois permet, quant à elle, d’examiner les pestiférés sans les toucher  et de tenir les intrus à distance.

L’habit de médecin de la peste inventé en 1619 par Charles DELORME sera par la suite adopté dans toute l’Europe.

Cent ans plus tard, le médecin François Chicoyneau, est missionné par le Régent pour arrêter l’épidémie de peste qui frappe Marseille.

Marchant dans les pas de François Delorme, il endosse à son tour l’habit contre la mort.

 


Extrait in-extenso du site WIKIPEDIA

« François Chicoyneau est un médecin français, né à Montpellier le 23 avril 1672 et mort à Versailles le 13 avril 1752.

Destiné à la marine, Francois Chicoyneau étudie la médecine pour succéder à ses deux frères aînés, morts prématurément, et recueillir ainsi la survivance des nombreux emplois de son père. Son éducation est confiée à Pierre Chirac. Il reçoit le doctorat le 10 mars 1693. En 1695, il épouse la fille d’un bourgeois de Montpellier. En 1702, il est admis à la confrérie des Pénitents blancs de Montpellier, dont il devient prieur en 1705[25]. Veuf depuis 1704, il se remarie en 1712 avec Marie Chirac, fille de son professeur.

En 1720, le Régent Philippe d’Orléans l’envoie à Marseille, où sévit une grave épidémie de peste. Il y fait preuve de courage et de dévouement. Secondé par son cousin Antoine Deidier et Jean Verny, il prodigue aux habitants soins et consolations. La conduite des médecins n’est pourtant pas exempte de reproches : réfutant toute idée de contagion, ils négligent d’utiles précautions. Au bout d’un an, François Chicoyneau regagne Montpellier, où on l’accueille avec enthousiasme.

En remerciement de sa conduite, il est fait conseiller d’État et chevalier de l’ordre de Saint-Michel. Louis XV érige en baronnie sa terre de Lavalette. En 1731, il le nomme médecin des Enfants de France.

En 1732, il succède à son beau-père Pierre Chirac, mort le 1er mars, comme Premier médecin du roi. Il conserve cette fonction jusqu’à sa mort. À ce titre, il bénéficie d’un logement au château de Versailles, dans l’aile des Princes. Cette même année, il est nommé associé libre de l’Académie des sciences.

Il occupe aussi la charge de surintendant général des eaux minérales et médecines de France.

Veuf depuis septembre 1750, il décède au château de Versailles le 13 avril 1752. Il est inhumé le 15 en la paroisse Notre-Dame.

Il n’a laissé que des opuscules. Ceux sur la peste en réfutent à tort le caractère contagieux. »

 

Habit de médecin de la peste 1721

Chicoyneau en Habit appelé contre la mort

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